isatagada Administrateur Messages postés : 1036  |
Posté le 05/01/2009 16:27:32 | |
Ouais, et que la censure c'était mal aussi !!!!
Voici le texte intégral qu'Alex a envoyé, les parties qui n'ont pas été publiées sont en rouge.
Vous remarquerez qu'il faut faire comme si les drogues n'existaient pas, ne pas dire de mal du voisin, et encore moins faire comme si on n'aimait pas les z'animaux.
Citation : Raconte moi l’histoire de Blackpool.
Blackpool existe depuis deux ans, mais nous nous connaissons tous depuis des années (nos années à la fac de Grenoble ou bien les passages par les squats punks de Nevers pour d’autres). A l’époque de Grenoble, nous jouions dans des formations différentes (« Tulip » pour Fabrice et Stéphane, « Much » pour Alex et guits) et puis Stéphane et Guillaume faisaient partie du premier projet de Joseph d’Anvers, « Polagirl ». C’est donc tout naturellement qu’on s’est retrouvés à Paris, avec l’idée de faire de la musique ensemble, après avoir posé nos valises au Royaume-Uni, au Japon ou s’être abîmé dans les paradis artificiels pour certains.
Pourquoi le troisième morceau de l’album, et seul titré en français, s’appelle t’il « premier mai » ?
Déjà, l’album s’appelle French F**ckers et tous les titres sont écrits en anglais, on trouvait judicieux d’avoir un titre de morceau en français, qui fait référence également à la fête du travail. C’était aussi un clin d’œil à Mai 68, car ces événements ont été une influence bien au-delà de nos frontières, les groupes comme les Stone Roses en parlaient déjà dans leurs titres à la grande époque de Madchester. Et puis, 1er mai, 1968, c’est un peu le paroxysme du french F**ck, je ne crois pas qu’on ait réglé ses comptes à la contestation, elle est plus que jamais nécessaire , surtout dans ces temps de crise où clairement, l’exploitation de l’homme par l’homme a pris une nouvelle forme, plus pernicieuse encore avec ce discours établi du « on n’a pas le choix, c’est bien là le seul modèle de société, il faut donner plus aux plus riches sinon c’est la fin du monde ma bonne dame. ».
Quelles sont vos influences, disons trois groupes qui sont des influences partagées par tous les membres du groupe. ? Pourquoi ? (quel morceau, quel style, quel comportement ou parti pris du groupe).
Rock, punk, lowfi avec des groupes comme Fugazi, Queens of the Stone Age, the Refused, Pavement.
Pop avec tous les groupes de la vague madchester des débuts des 90s (Ride, Stone roses, Happy Mondays, Primal Scream) et dans l’esprit également du summer of love où l’ecstasy rapprochait les gens dans une grande communion sensorielle avec la musique électro, les raves et le son pop British.
Electro enfin, avec des créateurs comme Chemical Brothers, FatBoy Slim, Aphex Twin, Trentemoller.
Que pensez-vous de la scène rock française actuelle ?
Triste à pleurer, comme d’habitude avec son lot de daubes qui passent en boucle en radio quand il y a tant de bonnes choses dans les placards des programmateurs. Les yéyés et la variété ont fait plus de mal à la culture musicale de ce pays que 300 tonnes de napalm sur la capitale. Quelques bons groupes, rares, comme « Kim Novak », les « Lanskies », que nous apprécions particulièrement, tentent comme nous de faire de la « musique » pour danser, sans calcul hype, sans chercher à faire des petites chansons du quotidien. Les quotas imposent la langue de Molière qui n’est surtout pas faite pour le rock. Merde ! on se fout de savoir dans une chanson qu’Anaïs a eu la diarrhée ou que les BB Brunes sont des « fous» ouh ! Pour paraphraser John Lennon : « Le rock français, c’est comme le vin anglais », les Anglais, eux, ont le bon goût de ne pas produire de vin. Et puis dans rock il y a « F**ck » et les groupes français sont trop gentillets, à la fois sur le plan artistique et dans leur discours.
Des références, en rock français ?
Oui bien sûr « les Thugs », groupe angevin qui tant dans le son que dans l’attitude d’indépendance a su marquer l’histoire. Ils continuent de soutenir la scène indé et nous avons eu l’honneur de faire leur première partie lors du No reform tour cette année. Et également « Noir Désir ». Parce que l’engagement manque au rock hexagonal. Mais on pourrait également citer, en plus underground, « Sloy », « Sister Iodine », « Heliogabale »…
Pourquoi écrire en anglais ?
Parce que je ne me sens pas l’âme du poète. J’aime écrire en anglais, c’est pour moi plus pudique que de déballer ses sentiments en français, et vu que je ne parle pas de sentiments dans nos chansons, ça serait juste très inélégant en français de dire des trucs comme « Et maintenant on fait gaffe, quelque chose me dit que je suis fait pour la perfection… ». C’est naturel d’écrire et de chanter du rock en anglais, ça me paraît si peu évident en français.
Quelle est la recette d’un bon morceau ? Décris le moment où vous vous dites qu’un morceau est prêt à être enregistré.
Un bon morceau, c’est lorsque au cours de la création les premières esquisses nous font dire « oh puté c’est un tube celle là ». A partir de ce moment-là, on bosse le titre. Après quelques rodages sur scène, le morceau peut évoluer et être prêt à l’enregistrement, mais l’expérience nous apprend qu’il faut parfois attendre avant de fixer un morceau.
Vous aimeriez vous exporter ? Où ?
Bien sûr, on a déjà demandé l’asile politique en Grande-Bretagne (où nous avons déjà joué) et en Belgique. Le reste du monde suivra – Le Japon en premier !
Une salle mythique où tu aimerais jouer ?
L’Astoria à Londres.
Avez-vous des manies ou des rituels avant de vous produire sur scène ?
On égorge un chaton et on en boit le sang frais, notre batteur, lui se réserve le cœur encore palpitant de l’animal. Et qu’on ne me sorte pas la litanie sur les pauvres petits animaux sacrifiés parce que personne ne s’est mobilisé pour le pauvre chat qui a fini sur la pochette de « Cocoon » !
Qu’est ce que tu voudrais dire aux lecteurs pour les inciter à venir vous voir en concert ?
Blackpool, sur disque c’est génial, sur scène c’est une « life changing experience ». Il y a un avant et un après Blackpool, et d’ailleurs la scène est bien le seul espace où le rock peut s’exprimer, car il s’agit de partage, d’énergie et de musique, mais aussi de tension, chaque concert est unique. Nos prochaines dates : le 16/12 au Pop In, le 05/02 au Backstage, mais tout est sur notre myspace : www.myspace.com/blackpoolmusic
Et bien sûr se procurer l’album de toute urgence, le plus simple, la Fnac des Halles ou sur notre site www.blackpoolsucks.com
« French F**ckers » Two Kidz records
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